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Le Monde 26/05/2007

A Kiev, le renvoi d’un procureur provoque une nouvelle crise

Madeleine Vatel

samedi 26 mai 2007, par administrateur


La crise politique en Ukraine qui, depuis des mois, secoue le sommet de l’Etat, ne donne aucun signe d’apaisement. Au contraire, la décision du président Viktor Iouchtchenko de limoger, jeudi 24 mai, le procureur général, Sviatoslav Piskoune, a relancé la partie de bras de fer opposant le chef de l’Etat, pro-occidental, au premier ministre prorusse, Viktor Ianoukovitch.

Vendredi, les télévisions russes ont diffusé les images du procureur soutenu dans son propre bureau par des forces spéciales envoyées par le ministre de l’intérieur, Vassyl Tsouchko. Le président Iouchtchenko a répliqué en signant un oukase plaçant sous son contrôle les troupes armées du ministère de l’intérieur.

"COUP D’ETAT"

Ce nouvel imbroglio a aussitôt provoqué l’inquiétude des Occidentaux qui craignent que la situation ne débouche sur des violences. L’Union européenne (UE), via sa présidence allemande, a invité les deux dirigeants ukrainiens à régler leur différend par la négociation et à s’abstenir de tout recours à la force. La Russie a fait part, vendredi, de son "inquiétude" quant à l’évolution de la situation en Ukraine et réclamé le respect de la Constitution du pays.

Le premier ministre prorusse a, quant à lui, qualifié "d’anticonstitutionnel" le décret présidentiel. Le procureur général, qui est également député, avait été nommé le 26 avril par celui qui aujourd’hui le démet officiellement parce qu’il cumule les mandats. L’agence d’information russe Regnum a annoncé, vendredi soir, que le procureur avait retrouvé sa place après une décision de justice.

Pour tenter de désamorcer la crise, le président ukrainien a rencontré tour à tour, dans la nuit de vendredi à samedi, son ancienne alliée, Ioulia Timochenko, le président du Parlement, Alexandre Moroz, et Viktor Ianoukovitch. Le premier ministre, soutenu par le Parti des régions, principale formation au Parlement, a dénoncé une "tentative de coup d’Etat". Il juge que le président et son entourage "utilisent exclusivement des méthodes musclées, dans le but de mener jusqu’à son terme le processus d’usurpation du pouvoir".

La lutte âpre que mènent les deux camps s’était envenimée, le 2 avril, avec l’annonce, par le président, de la dissolution du Parlement. Après s’y être opposé, le Parti des régions a accepté le principe d’élections législatives anticipées mais les deux parties divergent sur la date du scrutin.

Cette confusion découle du résultat des élections législatives du 26 mars 2006 qui n’avait pas permis de dégager une majorité claire. Après l’échec des anciens alliés de la "révolution orange" de l’hiver 2004-2005, le président s’était résolu à nommer son rival, Viktor Ianoukovitch, au poste de premier ministre. Il lui reproche maintenant de débaucher des députés de l’opposition afin de créer un groupe parlementaire suffisamment puissant pour le destituer.

Cette crise paralyse les institutions et met entre parenthèses les réformes indispensables pour améliorer le niveau de vie de la population, se rapprocher de l’UE et lutter contre la corruption.

Madeleine Vatel

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-915315@51-915092,0.html


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